La famille Greuin - Une famille au maquis

montage famille greuin
maquis lorris

Parcours détaillés des membres de la famille Greuin.

Edmond, père de Gilbert et Robert

Edmond Greuin (père de Gilbert et de Robert) s’installe en 1931 à Vieilles-Maisons-sur-Joudry et crée en 1934 une scierie à l’étang des bois sur le territoire de Vieilles Maisons. Son neveu Roger, travaille avec lui comme contremaître.

Gilbert intègre la Résistance en juin 1944 et sert sous les ordres du "cyrard" Claude Morraglia. Il y apprend le démontage et le maniement des armes et des explosifs. Il participe à la réception d’un parachutage fin juin/début juillet 1944, au lieu-dit Thyfontaine, sur la commune de Vieilles-Maisons où il fait le guet en attendant que la charrette conduite par Martial Blondeau (de la ferme de Grignon) vienne pour évacuer les containers vers les sapes pour être enterrés.

Pierre, Roger et René sont les neveux d’Edmond.

Pierre intègre la Compagnie Albin du maquis de Lorris le 28 juin 1944. Il est sous les ordres du « cyrard »Claude Morraglia, qui l’initie au maniement et au démontage des armes. Chargé de le seconder dans la recherche de véhicule à réquisitionner, ils repèrent une Citroën 11 chevaux  appartenant à un collaborateur résidant à Lorris. Le 14 juillet 1944 vers 23h, Claude Morraglia, escorté par Pierre et Roger Greuin ainsi que par Camille Coutellier, mène l’opération de réquisition.  Malheureusement cette dernière tourne mal et les gendarmes, alertés par le bruit, interpellent Claude Morraglia qui sera déporté vers Buchenwald. Pierre Greuin participe à d’autres opérations du maquis et est présent lors des combats de Chicamour le 12 août 1944. Blessé aux poumons, il est soigné par Mme Renault (mère du garde-forestier Maxime Renault – maison forestière d’Ouzouer-sur-Loire) au Carrefour d’Orléans.

Roger est contremaître à la scierie de son oncle, Edmond. Comme d’autres membres de sa famille, il rejoint la Compagnie Albin du maquis de Lorris le 28 juin 1944. Le 14 juillet, il participe aussi à la réquisition du véhicule Citroën.

René est le plus jeune (né en 1924) de la famille Greuin. Il suit des études secondaires au Collège Saint Simon de Péronne après avoir fréquenté l’école du village de Flamicourt. En 1944, il rejoint sa famille dans le Loiret et trouve un emploi de surveillant-répétiteur au lycée de Blois. Il intègre le maquis de Lorris (Compagnie Albin) le 28 juin 1944.

L’attaque du 14 août 1944.

Le 14 août 1944, le maquis de Lorris est attaqué. Les membres de la famille se retrouvent donc en plein cœur des combats.

Vers 8 heures, Gilbert est en chemin vers la scierie de son père quand il aperçoit sur la route venant d’Orléans, une colonne de soldats allemands. Il court à la maison forestière prévenir Auguste Boussogne du danger, mais celui-ci refuse de partir car il attend un message de Londres. Gilbert,  Auguste Boussogne et Emile Duchene (dit « Castor ») du Service de Renseignements sont arrêtés par deux estafettes allemandes venues en reconnaissance. Les trois hommes sont controlés et la maison fouillée. Un soldat allemand trouve dans un tas de bois un emballage de poste émetteur, Auguste Boussogne prend peur et tente de s’enfuir… il est abattu. La maison forestière est incendiée tandis que Gilbret Greuin et Emile Duchene sont conduits pour vérification près de Lorris. Gilbert Greuin présente son ausweis et son cahier à fiche de forestier pour expliquer sa présence chez Auguste Boussogne. Il est alors libéré.

Le jour de l’attaque, Robert est envoyé à moto depuis le maquis vers le Gué l’Évêque (plus au nord). Un soldat allemand le repère et lui tire dessus avant que son arme ne s’enraye. Fait prisonnier, Robert Greuin est emmené auprès d’un officier allemand à qui il montre son ausweis et son carnet à fiche de forestier. Il est relâché mais sa moto lui est confisquée. Sur le chemin du retour, il rencontre Félix Alibert et Raymond Gaudet se rendant en moto au Carrefour d’Orléans. Robert, les prévient du danger mais ils décident de continuer leur chemin.

Pierre, blessé lors des combats de Chicamour (12 août) est encore en soin à l’infirmerie. Le matin de l’attaque, il est extrait de l’infirmerie par les troupes allemandes et emmené près du Carrefour entre la route du Ravoir et celle des Bordes.  Avec 7 autres compagnons dont l’Abbé Thomas et Jean Goy, il est fusillé.

Son corps est désormais inhumé au cimetière de Vieilles-Maisons-sur-Joudry.

En début de matinée Roger et René prennent place dans le camion des eaux et forêts pour une mission de ravitaillement au Carrefour d’Orléans. A une centaine de mètres du Carrefour, les maquisards s’aperçoivent que le maquis est attaqué, ils arrêtent le camion et se dispersent dans la forêt. René et Roger ainsi que d’autres de leurs compagnons partent vers le nord en direction de Lorris mais ils sont capturés par les soldats allemands. René, Roger et six maquisards sont fusillés.

Ils sont désormais tous deux inhumés dans le cimetière de Flamicourt.

Pierre, René et Roger sont morts pour la France.