Décès de Georges Séguy, résistant déporté, cheminot, militant syndicaliste et ancien secrétaire général de la CGT

Georges Séguy au musée en 2013
Georges Séguy au musée en 2013
(photo Thierry Bougot)

Nous apprenons avec une grande tristesse le décès de Georges Séguy survenu le 13 août 2016 à l’hôpital d’Amilly, à l’âge de 89 ans. Un hommage public lui sera rendu le jeudi 18 août 2016 à 11 h au cimetière de Vieilles-Maisons-sur-Joudry, village où il habitait depuis plusieurs années. Ses obsèques auront lieu le même jour dans l’intimité.

Né le 16 mars 1927 à Toulouse, dans une famille militante de cheminot, il s’engage dans la Résistance dès 1942 à 15 ans lorsqu’il apprend que Pierre Semard, ami de la famille et cheminot résistant a été fusillé par les nazis.

Trop jeune pour s’engager dans la résistance armée au sein des FTP (Francs Tireurs et Partisans), il commence une activité clandestine à l’imprimerie Henri Lion, qui édite sous le manteau des journaux comme L’Humanité, Combat et Libération mais aussi de faux papiers dont des faux certificats de baptême pour les enfants juifs. Mais, dénoncés, Henri Lion et ses ouvriers, dont Georges Séguy, sont arrêtés le 4 février 1944 par la Gestapo.

Fin février 1944, il est transféré par train de Toulouse au Frontstalag 122 de Compiègne-Royallieu où il reste interné jusqu’au 22 mars 1944, date de son départ vers l’Autriche. Après trois jours d’un trajet sans eau ni nourriture, entassés dans des wagons à bestiaux et complètement dénudés, les détenus arrivent le 25 mars à la gare de Mauthausen. Devenu le matricule no 60581, il est affecté à la sinistre carrière de granit du camp d’où les déportés doivent remonter de lourds blocs de pierre en fin de journée en gravissant les 186 marches de son terrible escalier.

Durant toute la durée de sa déportation, Georges Séguy n’a pas cessé de résister : en aidant les plus faibles, en diffusant les informations reçues de sources extérieures et en sabotant la production d’avions Messerschmitt à laquelle il est contraint de travailler. « En rêve, je vois des ailerons se bloquer en plein combat aérien(…) et s’écraser au sol… »

Le 21 avril 1945, des camions de la Croix Rouge commencent à libérer le camp. George pèse alors 38 kg (il faisait 64 kg à son arrestation). Il rentre à Toulouse le 5 mai 1945. À 22 ans Georges Séguy devient secrétaire général des cheminots CGT puis secrétaire général de la CGT de 1967 à 1982.

De 1946 à 2013, et dans le respect du serment prêté par « les survivants de toutes nationalités » à Mauthausen le 16 mai 1945, Georges Séguy à témoigné dans de nombreux établissements scolaires et au musée pour « que les atrocités que nous avons vécues ou dont nous avons été témoins ne se reproduisent jamais, et à ce que les peuples puissent vivre en paix et en démocratie ».

L’équipe du musée de la Résistance et de la Déportation de Lorris adresse ses condoléances à sa famille et à ses proches.