Donation - Désiré Tripault
Chaque année, les collections du musée sont enrichies par les dons d’objets et d’archives de nombreuses familles. Le musée est reconnaissant pour tous ces dons, qui ne cessent d’affiner notre connaissance collective de la Seconde Guerre mondiale et transmettent chacun un fragment de mémoire. Pour ouvrir l’année 2026, la famille du résistant et déporté Désiré Tripault a fait don d’un précieux fonds documentaire concernant leur aïeul.
Né le 07 novembre 1898 à Vouzon, Désiré Tripault tient avec son épouse, Berthe, le Café de l’Union à Sury-aux-Bois, dans le Loiret. Au cours de l’année 1943, il est chargé des liaisons entre le Maquis de Chambon-la-Forêt et d’autres groupes de résistance, tout en aidant des réfractaires au Service du Travail Obligatoire à se cacher. Suite à une dénonciation, Désiré Tripault est arrêté à son domicile le 15 octobre 1943. Après plusieurs mois d’internement au camp de Compiègne, il est déporté pour le camp de concentration de Buchenwald le 24 janvier 1944, puis transféré au camp de concentration de Mauthausen. Le 01 mars 1944, trente-neuf déportés français de Mauthausen sont envoyés au Kommando de Leibnitz-Graz pour travailler dans une usine d’armement de Steyr-Daimler-Puch AG et participer au creusement de tunnels. Parmi eux, Désiré Tripault, très affaibli par les conditions inhumaines de la déportation et atteint d’une pneumonie, survit tout juste au voyage. Ses camarades relatent à son épouse ses derniers instants, entre le 10 et le 14 mars 1944. La date exacte de son décès restera toujours incertaine.
Le fonds documentaire donné par les descendantes de Désiré Tripault nous éclaire notamment sur les douloureuses démarches administratives entreprises par Berthe Tripault pour retrouver trace de son époux suite à sa déportation.
Dans les attestations fournies par les résistants du Maquis de Chambon-la-Forêt pour que Désiré Tripault soit décoré de la Médaille de la Résistance Française de façon posthume, notons ces quelques mots qui éclairent son courage et son sacrifice, saluant un homme « plein de courage, n’écoutant que son cœur dans le but de libérer le pays », « d’un dévouement absolu pour la cause qui nous était si chère à tous ».