Hommage à Yvette Choquet-Kohler (1925-2008)
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, rendre hommage à Yvette Choquet-Kohler, c’est rappeler qu’au cœur de l’Histoire, certaines femmes ont choisi la liberté au prix de leur jeunesse et parfois de leur vie.
Née en 1925, Yvette n’a que 17 ans lorsqu’elle entre dans la Résistance sous le pseudonyme de « Chouquette ». Étudiante, elle rejoint le mouvement Libération Nord de Châteauneuf-sur-Loire et infiltre le bureau d’un architecte collaborateur, agent de la Gestapo. Elle y collecte et transmet des documents essentiels pour la Résistance.
Le 13 juillet 1944, elle est arrêtée, interrogée violemment à Orléans, puis transférée au Fort de Romainville. Le 21 juillet, elle est déportée vers le camp de Saarbrücken Neue Bremm, avant d’être envoyée à Ravensbrück, puis à Belzig. Là, elle découvre ce qu’elle décrira plus tard comme « l’indicible », ce système concentrationnaire conçu pour broyer les corps et les consciences. Elle y survit, intégrée à un kommando où seules 73 femmes sur 760 reviendront.
En avril 1945, lors de l’évacuation du camp, elle marche quatre jours sans nourriture, « pauvres cadavres ambulants », dira-t-elle. Recueillie par une patrouille américaine, elle ne pèse plus que 32 kilos. Elle gardera toute sa vie la médaille de Saint-Christophe qu’un soldat lui passe autour du cou, symbole d’un retour à la vie.
Après-guerre, Yvette consacre son énergie à transmettre. Déléguée départementale des Anciennes Déportées et Internées de la Résistance, puis de l’Union Nationale des Médaillés de la Résistance, elle accompagne des générations d’élèves, soutient le Concours National de la Résistance et de la Déportation, organise des voyages de mémoire. Jusqu’en 2007, elle continue d’éclairer les jeunes sur ce que fut la déportation, sur ce que signifie résister.
Décédée en 2008, elle laisse derrière elle un héritage de courage, de dignité et de fidélité à la liberté. Ses décorations – Officier de la Légion d’Honneur, Médaille Militaire, Croix de Guerre, Médaille de la Résistance, et bien d’autres – témoignent de la reconnaissance de la Nation, mais ne disent pas tout de la force intérieure qui fut la sienne.
Un hommage à Yvette Choquet-Kohler sera rendu lors de la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la Déportation – 26 avril 2026 à partir de 11h
Une figure qui résonne avec les actions du musée cette année
En mettant à l’honneur les femmes avec deux conférences :
La résistance des femmes dans les camps « Survivre, notre ultime sabotage » (citation de Germaine Tillion),
Femmes, résistantes, allemandes.
Ainsi qu’une exposition « Résistantes & combattantes. De l’ombre à la lumière (1945-2025/2026) », le musée rappelle que les femmes ont été des actrices essentielles de la lutte.
En ce jour dédié aux femmes, son parcours nous invite à regarder autrement celles qui ont combattu, soigné, caché, renseigné, saboté, enseigné, résisté. À reconnaître leur force. À faire vivre leur mémoire. À poursuivre leur engagement pour la liberté et la dignité humaine.