Le rosier « Résurrection »
Le rosier Ravensbrück : une fleur née de la mémoire
Créé en 1975 par Michel Kriloff, le rosier Ravensbrück voit le jour à l’occasion du 30ᵉ anniversaire de la libération du camp de Ravensbrück.
Lidice : un village martyr
Le 27 mai 1942, après la tentative d’assassinat de Reinhard Heydrich, les nazis déclenchent de terribles représailles contre le village de Lidice (actuelle République Tchèque), accusé d’avoir soutenu les résistants. Les hommes sont exécutés, les femmes déportées à Ravensbrück, les enfants arrachés à leurs familles, et le village entièrement détruit et totalement rasé.
Le 30 avril 1945, les femmes de Lidice rescapées du camp sont libérées et peuvent regagner leur pays. En 1949, Lidice est reconstruit et renaît. L’emplacement de l’ancien village devient un mémorial international.
La naissance d’une tradition : planter des roses pour les disparues
En avril 1958, lors de la Journée internationale de la Libération, d’anciennes déportées tchèques de Lidice retournent à Ravensbrück. Elles y plantent 150 rosiers sur le site de la fosse commune, près du mur du camp. L’une d’elles, Marie Jaroschewa, exprime alors le sens de ce geste : « Ces roses doivent pousser et fleurir pour exprimer la victoire sur la mort et l’anéantissement là où l’horreur a eu lieu. »
Ce geste fondateur donne naissance à une tradition : des associations de prisonniers et de déportés de toute l’Europe envoient à leur tour des rosiers à Ravensbrück.
Un rosier pour Ravensbrück
Cependant, ces rosiers venus de divers pays résistent mal aux conditions locales et dépérissent. C’est alors que Marcelle Dudach‑Roset, résistante communiste déportée, et les membres de l’Amicale de Ravensbrück imaginent la création d’un rosier spécifiquement dédié à la mémoire du camp. De cette initiative naît le rosier ‘Ravensbrück’, symbole de résilience, de transmission et d’hommage aux femmes déportées.
Cette rose, multipliée, va être plantée dans des centaines de lieux, au pied de monuments, de Mémoriaux, dans des jardins du souvenir. En 2020, à l’occasion du 75ᵉ anniversaire de la Libération des camps, un rosier Ravensbrück a été planté près du mémorial du Musée. Depuis son installation, il nous offre chaque année de superbes floraisons, devenant un symbole vivant de mémoire et d’espérance.